Les Tours d'Aenthil (Fiction en Tamriel)

Discussion dans 'Vos créations' démarrée par Readark, 6 Décembre 2017.

  1. Readark

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    Les Tours d’Aenthil : une chronique de Tamriel

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    DISCLAIMER : tout l'univers et tout le lore des Elders Scrolls ne m'appartiennent pas et sont la propriété de Bethesda SoftWorks. Je ne touche pas d'argent pour mes écrits, sauf si vous décidez de m'en donner, auquel cas j'aurais des ennuis avec la justice. Si vous croisez Todd Howard, collez-lui en une pour moi.

    (Spoiler ci-dessous a lire si vous n'avez pas lu TES : VR Edition)
    Cette histoire tourne autour du personnage d’Ithrel Aenthil, dunmer de son état, qui, dans les opus précédents, a sauvé un voleur et un nordique, avant de rejoindre une confrérie d’assassins et de la détruire sans faire exprès avec un parchemin donné par Ane Seleren, autre dunmer et mage de son état. Y’a des jours, comme ça.

    Chapitre I : Le fond du problème

    Des pins, des morts, de l’hydromel et de la brume. Epervine, voilà une ville passionnante. Après tout, elle peut se targuer d’une histoire riche, d’une tradition sépulcrale s’étant répandue jusqu’en Val-Boisé et d’une population gentille, chaleureuse, dure à la tâche….

    Bon.

    Epervine est une des villes les moins passionnantes de Bordeciel, pendant la quatrième ère. Rarement bien intéressante en général, durant cette ère la ville traverse une période de creux dans son existence comparable aisément à un véritable gouffre d'intérêt. Pendant près de 400 ans, l’évènement le plus marquant fut la capture d’un loup-garou meurtrier par la garde, avant qu’il soit libéré par un étranger. Une végétation ni belle, ni sinistre, un climat frais mais pas rigoureux, bref un environnement sans intérêt. L’ennui atteignait donc des niveaux assez rares parmi la population, qui en arrivait à cet état où l’on espère que quelque chose, même une catastrophe, arrivera bientôt pour que la vie cesse d’être aussi longue.

    Toutefois, même dans un ennui sans bornes on trouve une forme de joie. Ainsi, les hommes simples d’Epervine appréciait une bonne bière après une journée de travail, dans une taverne dont la morne atmosphère se voyait dissipée dans les rires et les chants. On buvait, on dansait un peu, et on oubliait pendant quelques instants l’ennui profond d’Epervine.

    Et pourtant, lorsque l’heure devenait tardive, que les hommes mariés rentraient et que le barde rangeait son luth, les nez et le moral plongeaient dans les chopes, les rires se taisaient et tous revenaient à la morosité première, encore plus déprimés qu’avant, se disant que la vie ne pourrait être pire.

    Très loin de là et comme pour leur donner tort, une femme se réveilla en sursaut et en sueur. Son cœur battait comme un fou dans sa poitrine, sans s’arrêter. Elle voulait hurler sa terreur. Elle ne pouvait pas. Lentement, son rythme cardiaque diminua, passant du tambour de charge à la lente mélodie funèbre. Jusqu’à s’arrêter tout à fait. La femme ferma la bouche et se leva. Elle tourna son regard vers Masser mais pas précisément. Plutôt comme si elle regardait quelque chose juste à côté. Un sourire discret passa sur ses lèvres tel une ombre sur le sol. Elle avait un nouveau but.

    A Epervine, au même moment, l’heure de la morosité était arrivée. Aujourd’hui était un jour pluvieux, plus propice aux dépressions : même l’aubergiste s’était servi une chope d’hydromel. Devant le traditionnel comptoir qu’on trouve dans tous les tripots de l’univers, les clients restants regardaient le fond de leur chope. Celui au bout de la file jeta distraitement un septim à côté de lui, par désœuvrement. Son voisin le prit sans conviction, le regarda d’un œil mort, et le fit passer à son autre voisin, qui fit de même. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il parvienne à l'Étranger. Il le prit, le regarda d’un regard non moins déprimé que les autres, et le fit rouler jusqu’à son propriétaire, qui grommela un “rci” avant de le ranger dans sa poche en lui jetant un regard suspicieux. Les autres firent de même. L'Étranger ne s’en soucia pas.

    Personne ne le connaissait, de toute façon. Il n’était là que depuis quelques jours, mais il était si silencieux, si particulier, qu’Epervine entière le nommait déjà l’Étranger. Il était arrivé, avait demandé une chambre et une chope d’hydromel. Et il l’avait bu lentement, l’air encore plus dépressif que l’intégralité des locaux. Il était calme, silencieux même, et ne se faisait jamais remarquer, mais il affichait un air si blasé qu’il en contaminait les autres. Depuis son arrivée, l’heure tardive arrivait plus tôt. Ce n’était pourtant qu’un Elfe Noir comme les autres, peut-être un peu plus svelte et contrôlé que la moyenne. Il s’habillait sans prétentions, sans artifices….. Sans rien, en fait. Des vêtements très banals, fonctionnels dans toute situation. Et il restait là, à boire sans rien dire.

    A proprement parler, ils avaient raison de l’appeler l’étranger : il n’était pas un Nordique. Pourtant, il avait sombré dans la même apathie, dans la même morosité qu’un natif d’Epervine même si pour des raisons différentes. Au concours de la déprime, il aurait eu une très bonne place, sans parler évidemment des litres d’hydromel tardifs. De fait, le Dunmer aurait naître à Epervine. Car oui, c’était un Dunmer, peut-être né à Morrowind, même si selon lui il était originaire de Solstheim. Pour l’heure, il reposait sa chope après en avoir bu un énième coup.

    On dit que le passé est parfois lourd, ou bien tragique. Celui du Dunmer, au fond, n’était pas si lourd, et toute la tragédie qu’il contenait s’étalait sur les six derniers mois. Mais c’est tout ce qu’il avait, ces six derniers mois. Au-delà, le flou complet. Le néant. Alors perdre la mémoire, c’est une chose, perdre tout ce qu’on a construit après coup, c’en est une autre. Enfin, après coup….. Son problème de mémoire semblait s’être aggravé : il ne se souvenait pas vraiment comment toute cette histoire avait commencée. Il se souvenait d’un voleur, d’impériaux…. Ah, et on avait assassiné l’épicier. C’est pourquoi il se trouvait en prison, et…. oui, voilà, on l’avait récupéré. Quand à avant…. Bien sûr, l’hydromel n’aidait pas, mais.... Il fallait bien ça pour s’enlever ce goût de cendre de la bouche. Eh puis c’était ‘achement bon.

    Il lui restait un peu d’or, suffisamment pour tenir encore quelques jours a boire de l’hydromel. De fait, il aurait dû chercher un moyen de vivre, un travail quelconque, toutefois la déprime est une des quatres forces fondamentales de l’humanité (Avec la colère, l’amour et la franche rigolade), et elle l’empêchait d’avancer. Heureusement, le genre humain est ainsi fait qu’on peut rarement rester dans le même état longtemps. Entendez par là qu’un long silence brisera la rigolade, que vous finirez par vous calmer, qu’un amour est souvent éphémère et que quelqu’un viendra vous réconforter, d’une manière ou d’une autre.

    - Ithrel Aenthil !

    Une voix féminine, douce comme la brise mais actuellement froide comme le blizzard. Une voix qui était, depuis quelques jours, la seule peur du Dunmer, et, d’une certaine manière, la seule chose qui lui restait, si faible que cela soit. Pour le coup et pour l’instant, il aurait préféré la perdre aussi, tiens. Il regarda le fond de sa chope une dernière fois. Elle était vide.

    Y’a des jours, comme ça.
     
    Dernière édition: 7 Décembre 2017
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  2. Skruuller

    Skruuller Membre impliqué

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    "Il regarda le fond de sa chope une dernière fois. Elle était vide.

    Y’a des jours, comme ça."
    J'avoue j'ai énormément ri XD

    Sinon bon début d'histoire ^^
     
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  3. Koorsil

    Koorsil Membre impliqué

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    Owi le retour d'Ithrel ! :D

    Et quel début ! Cette mise en contexte c'est juste parfait. Tu passe en revue chaque détail avant d'arriver au personnage et sa pensée est vraiment très bien retranscrite, on est dans sa tête. Franchement, j'ai pas envie de lire la suite.

    (Oui bon en fait j'ai très envie de savoir ce qui va se passer, c'était juste pour pas dire tout le temps la même chose)
     
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  4. zaerd

    zaerd Membre

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    Ca m'a coupé le souffle... Comme le dit Koorsil on croirait être dans sa tête, chaque détail est parfait et très bien orchestré, même l'humour passe parfaitement et permet une immersion plus facile alors que ça devrait au contraire "briser le 4e murs" tout est parfait a mon gout, et j'ai l'impression que ton style a été vraiment perfectionné, c'est là qu'on voit que tu a une préférence pour ce perso :p
     
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  5. Readark

    Readark Membre impliqué

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    Suite du chapitre I

    L’avantage de parler fort dans un milieu silencieux, c’est qu’on attire l’attention. Surtout quand l’auditoire s’ennuie à mourir. Surtout quand on est une femme pas vilaine, aussi. Surtout quand on est une étrangère, d’ailleurs. La nouvelle arrivante réalisa donc un véritable combo d’attention qui aurait fait se retourner un cadavre, s’il y en avait eu un au bar en train de boire un coup avant d’aller au céleste bistro. Les regards se fixèrent sur elle, ce qu’elle ne remarqua qu’à peine, centrée sur le dunmer qui, lui, ne s’était pas retourné mais avait baissé la tête. Il prit la parole.

    - C’est moi…

    - Je sais que c’est vous !! Pourquoi vous n’êtes pas….

    A ce moment, quelqu’un dans l’assistance toussa, faisant prendre conscience à la femme qu’elle allait déclencher une scène devant un auditoire qui n’attendait que ça et qui en parlerait pendant des semaines faute de mieux. Elle attrapa Ithrel par la veste et le força à se lever.

    - Eeeeeeeeeh !

    - Suivez-moi !

    A vrai dire, elle le tira dehors plus qu’il ne la suivit. Le dunmer réussit à se libérer juste derrière la porte de l’auberge, se retournant d’un coup vers la femme.

    - Ecoute, je…

    - Tais-toi !!

    Elle le tira de nouveau. Elle avait entendu les clients se précipiter vers le mur en bois afin de tout entendre à travers. Un long soupir de déception s’échappa de la gargote, un véritable hymne à l’ennui qui traversa l’Oblivion et l’Aetherius avant de tomber dans l’oreille métaphorique de Sithis, qui y vit une étrange ironie. Les habitants d’Epervine devraient ainsi se contenter d’une semaine de ragots au lieu de plusieurs mois. Quelle tristesse.

    Toutefois, notre histoire ne se concentre hélas pas sur les habitants d’Epervine (c’est pourtant si simple à écrire), mais sur un dunmer qui, pour l’heure, se faisait tirer dans une ruelle, si tant est qu’on puisse donner ce nom à l’espace entre deux chaumières bancales. Lorsque la femme s’arrêta, il se dégagea de nouveau et tenta -espoir dérisoire- de se justifier.

    - Je….

    - Alors comme ça tu est un messager des Redoran, hein ?!

    - En fait….

    - Et tu allais voir Calcelmo à Markarth !! En partant par la porte Est de la ville !!

    - Il se trouve….

    - Quand je pense que je t’ai donné un parchemin de tempête de feu ! Ah, je ne sais pas ce qui me retient de….

    - LAISSEZ-MOI PARLER !!

    Hélas, le hurlement face à la mitraille d’argument ne marche que dans les films, tout comme le hurlement face à la mitraille tout court. Outrée, la femme jeta son poing en avant, droit vers la figure d’Ithrel.

    Qui l’esquiva d’un mouvement souple. Après tout, il était diplômé de l’école Arnbjorn du pugilat en traître.

    - Ane, je suis désolé de vous avoir menti ! Il était plus facile et plus rapide de vous tromper, d’autant que vous étiez blessée !

    - Parlons-en, tiens ! Qui m’a blessée, alors ?! Toi, sans doute ?

    - Hein ?

    - Après tout, tu a bien tué le mendiant !

    - …. comment le savez-vous ?

    - Tu a dit m’a trouvée dans le cimetière. Cimetière dans lequel on a trouvé le cadavre de Feyr le matin suivant. Donc…. Tu est un meurtrier, en plus !

    - Je suis un assassin ! C’était mon contrat !!

    - Pardon ?!

    Ithrel se mit une main devant la bouche. Encore une fois, il avait parlé trop vite. Ane Seleren se tenait devant lui, la bouche grande ouverte d’incompréhension. Mais quel débile il était !
     
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